Certifications Microsoft et MVP : pourquoi je ne me reconnais plus dans l’écosystème Microsoft de 2026

Avertissement

Avant de commencer, je tiens à préciser que cet article n’est dirigé contre aucune personne en particulier et encore moins contre les personnes qui portent aujourd’hui le titre de Microsoft MVP.

Cet article reflète simplement mon ressenti et mon analyse après de nombreuses années passées à travailler avec les technologies Microsoft, à obtenir plusieurs certifications et à contribuer à différentes communautés techniques.

L’objectif n’est pas de dénigrer qui que ce soit, mais d’apporter un regard critique sur l’évolution de l’écosystème Microsoft, de ses certifications et de son programme MVP.

Pourquoi je m’intéresse à ce sujet

Lorsque j’ai lancé RDR-IT, j’avais un objectif simple : partager mes connaissances et être reconnu pour mon expertise sur les technologies Microsoft.

À cette époque, la reconnaissance passait principalement par l’expérience terrain, les certifications techniques et la participation active à la communauté.

J’ai obtenu plusieurs certifications Microsoft, dont la MCSE Core Infrastructure, participé activement aux forums Technet et publié de nombreux contenus techniques autour des infrastructures Microsoft on-premise.

Comme beaucoup d’autres professionnels, j’ai également regardé avec intérêt le programme MVP, qui représentait selon moi une reconnaissance importante de l’expertise technique et de l’engagement communautaire.

Avec le recul, ma vision a évolué.

Qu’est-ce que le programme Microsoft MVP ?

Le programme Microsoft Most Valuable Professional (MVP) est un programme de reconnaissance créé par Microsoft.

Chaque année, Microsoft récompense des membres de la communauté qui partagent leurs connaissances au travers de blogs, conférences, forums, vidéos, réseaux sociaux, projets open source ou formations.

Contrairement aux certifications Microsoft, le titre MVP ne s’obtient pas en passant un examen. Il est attribué par Microsoft après évaluation des contributions réalisées au cours de l’année écoulée.

Le titre est renouvelé chaque année.

L’idée d’origine est simple : mettre en avant les personnes qui contribuent activement au développement et au partage des connaissances au sein de la communauté Microsoft.

Les certifications Microsoft en 2026 : une vision très orientée cloud

En consultant le catalogue actuel des certifications Microsoft, un constat saute rapidement aux yeux : Azure, Microsoft 365, l’intelligence artificielle et les services cloud occupent désormais l’essentiel de l’offre.

Bien entendu, ces technologies sont importantes et leur adoption progresse dans de nombreuses entreprises.

Cependant, j’ai le sentiment que Microsoft propose aujourd’hui une vision du marché qui ne reflète pas toujours la réalité du terrain.

Dans de nombreuses organisations, les infrastructures reposent encore largement sur :

  • Active Directory ;
  • DNS ;
  • DHCP ;
  • Hyper-V ;
  • Windows Server ;
  • SQL Server ;
  • des applications métiers hébergées localement ;
  • des environnements hybrides mêlant cloud et on-premise.

Pourtant, ces sujets occupent désormais une place bien plus discrète dans les parcours de certification.

Le message envoyé semble être que l’avenir est exclusivement dans le cloud.

Or, la réalité est souvent plus nuancée.

La plupart des entreprises ne sont pas devenues des organisations 100 % cloud du jour au lendemain et beaucoup ne le deviendront probablement jamais pour des raisons techniques, réglementaires, financières ou organisationnelles.

À travers ses certifications, Microsoft semble davantage mettre en avant sa stratégie commerciale que les problématiques quotidiennes rencontrées par les administrateurs systèmes et les équipes infrastructure.

L’évolution du programme MVP

Mon avis sur le programme MVP a également évolué au fil des années.

Je continue de penser que de nombreux MVP méritent pleinement leur reconnaissance. Certains produisent un travail remarquable et contribuent énormément à la communauté technique.

La visibilité a toujours fait partie du programme MVP puisque celui-ci récompense avant tout le partage de connaissances au sein de la communauté. Conférences, événements, articles, vidéos ou interventions publiques ont donc naturellement leur place dans les critères de sélection.

Cependant, j’ai parfois le sentiment qu’aujourd’hui la capacité à être visible et à communiquer est davantage valorisée qu’auparavant. Vu de l’extérieur, cela peut donner l’impression que la notoriété publique occupe une place croissante dans la reconnaissance accordée par le programme, au détriment de profils très expérimentés mais moins présents sur les réseaux sociaux ou lors des événements communautaires.

Vu de l’extérieur, cela peut donner l’impression d’un écosystème où la notoriété occupe une place croissante dans l’obtention et le maintien de cette reconnaissance.

Je ne prétends pas connaître les critères exacts utilisés par Microsoft pour chaque nomination.

Je constate simplement l’image que le programme renvoie aujourd’hui auprès de nombreux professionnels.

Une récompense communautaire devenue un argument marketing ?

Autre évolution qui m’interpelle : l’utilisation du titre MVP comme argument commercial.

À l’origine, je voyais ce programme comme une récompense destinée à mettre en avant les personnes qui consacrent du temps à aider la communauté.

Aujourd’hui, il est devenu fréquent de voir le titre MVP mis en avant dans :

  • les profils LinkedIn ;
  • les sites web professionnels ;
  • les organismes de formation ;
  • les prestations de conseil ;
  • les conférences et événements techniques.

Cela est parfaitement compréhensible. Lorsqu’une distinction existe, il est logique de la valoriser.

Cependant, cela contribue également à transformer progressivement une reconnaissance communautaire en argument marketing.

Je ne critique pas les personnes qui le font. Je m’interroge simplement sur l’évolution du programme par rapport à sa philosophie d’origine.

Une réflexion partagée par certains acteurs de l’écosystème

Cet avis ne s’est pas construit à la suite d’un événement particulier ou d’une discussion isolée.

C’est une réflexion qui s’est développée progressivement au fil des années en observant l’évolution de Microsoft, de ses certifications et de son programme MVP.

J’ai également eu l’occasion d’échanger avec différentes personnes de l’écosystème Microsoft, y compris certains MVP.

Ce qui m’a surpris, c’est que plusieurs d’entre eux partageaient parfois en privé des interrogations similaires sur l’évolution du programme, sans forcément souhaiter les exprimer publiquement.

Cela ne signifie pas que le programme est mauvais ou qu’il a perdu tout son intérêt.

Cela montre simplement que les questionnements ne viennent pas uniquement de personnes extérieures au programme.

Conclusion

Avec le recul, je considère que les certifications Microsoft et le programme MVP ont progressivement évolué pour accompagner les priorités stratégiques de Microsoft.

C’est une évolution logique du point de vue de l’éditeur.

En revanche, je pense qu’il est important de garder un certain recul face aux titres, aux certifications et aux distinctions.

Une certification ne fait pas automatiquement un expert.

Un titre MVP ne garantit pas non plus qu’une personne possède davantage de compétences qu’un professionnel reconnu uniquement par son expérience ou ses réalisations.

Pour ma part, je continue à accorder davantage de valeur à l’expérience acquise sur le terrain, à la résolution de problèmes concrets et au partage libre de connaissances qu’aux badges et aux titres.

Ce sont ces éléments qui, selon moi, représentent le mieux la réalité de notre métier.

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